Haïti-Post-seisme : 7 mois après, le traumatisme à la vie dure
Dossier : Vladimir Désir
Le 12 de chaque mois est réservé à la réflexion en Haïti. Presque tous les survivants ont gardé à l’esprit cette date en vue de remercier soit Jéhovah, soit un Ange gardien soit une divinité quelconque, car personne ne peut opiner sur sa survie. Petits et grands, riches ou pauvres… tous ont été frappés d’une manière ou d’une autre.
Interrogée là-dessus, Cristella Germain, 42 ans, commerçante au centre-ville de Port-au-Prince, a retracé la façon dont elle vivait ce drame. « L’événement s’est produit au moment où j’essayait de réaliser une dernière vente pour la journée du mardi 12 janvier. Je pensais que c’était la fin du monde, de ce fait je fléchissais les genoux pour implorer le Dieu Très-Haut… J’ai mon garçon tué lors du sinistre à l’Université de Port-au-Prince », a raconté Mme Germain.
Gardy Jean Jetro, 63 ans, de son côté a déploré la mort de trois de ses quatre enfants y compris sa femme. « La nature m’a tout enlevé. Mes investissements au cours d’une trentaine d’années se sont effrités dans moins de 35 secondes. A tout moment j’ai l’impression que mes enfants sont encore vivants », a expliqué le boucher.
Pour sa part, Walter Simon, étudiant finissant à la Faculté de Linguistique Appliquée n’a pas pu digérer la mort de plusieurs camarades. « C’est dure de relater ce moment tragique. J’ai pu constater sous les décombres les copies des devoirs de mémoire de mes amis tués. Vous ne pouvez imaginer combien ce fait est affligeant », a rapporté l’étudiant d’un ton faible. Walter a eu, fort souvent, la compagnie de ses camarades afin de pouvoir préparer leur mémoire de sortie.
Cette catastrophe a sévèrement affecté les familles haïtiennes déjà en proie à une vie socio-économique alarmante. En fait, il serait difficile de remédier à la situation à laquelle confronte cette petite nation, déjà ravagée par les guerres intestines et par la violation des droits humains et autres.
Malheureusement, sept (7) mois après, l’image du 12 janvier écoulé est bien gardée dans la mémoire des rescapés, car des corps se sont encore ensevelis sous les décombres, certaines rues sont occupées de débris, les maisons de fortune se multiplient davantage, le nombre des gens handicapés a été révisé à la hausse, les aliénés se font de plus en plus remarqués et le chiffre des souffrants des maladies cardio-vasculaires augmente considérablement. Déjà on peut avancer que le pays plonge dans le gouffre de la misère la plus atroce depuis son existence.
A chaque douzième jour d’un mois, des pères et mères de famille, des camarades, des collègues pleurent la mort ou la disparition d’un être cher. Cette date devrait être considéré comme infâme pour tous les haïtiens indistinctement, puisqu’en ce jour nous avons perdu des proches ce qui nous plonge dans un deuil interminable.
Donc, 7 mois à la suite du séisme nous avons constaté que la peine se lit sur le visage des haïtiens. Leur situation devient pire parce qu’il ne savent encore le jour où les grands décideurs vont pouvoir se montrer conscients de la grave crise qui sévit dans ce pays. / VD-HN2000
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